La prière adressée à la Sainte Vierge sous une forme liturgique remonte à une haute antiquité tant en Orient qu'en Occident. On trouve dans l'Eglise grecque des Heures de la Très Sainte Vierge composées par S. Jean Damascène au VIIIme siècle. Les premières traces d 'une dévotion semblable se rencontrent dans l'Eglise latine au siècle suivant, car Pierre Diacre, moine du Mont-Cassin, dit dans son commentaire sur la Règle de S. Benoît : " Que les moines réciteront l'office prescrit par la règle en y ajoutant l'office de la Sainte Vierge » et cela d'après une ordonnance du pape Zacharie. Il faut remarquer que cet office de surérogation n'est pas signalé comme une dévotion nouvelle mais comme une pratique déjà en usage dans l'Eglise.
Cette pieuse coutume étant tombée en désuétude, S. Pierre Damien la rétablit au XIme siècle dans les monastères dont il entreprit la réforme.
Lors de la prédication de la première croisade au Concile de Clermont (1095) le pape Urbain II ordonna, pour obtenir la protection de la Sainte Vierge sur cette expédition, que tous ceux qui étaient tenus à l'office canonial y ajouteraient l'office de Notre-Dame.
Au XVIme siècle, S. Pie V en dispensa les prêtres séculiers absorbés par les soins du ministère ; enfin la dernière réforme du Bréviaire en a relevé les religieux tenus à la récitation de l'office au choeur.
Mais, si l'obligation ne subsiste plus, l'Eglise encourage vivement ses enfants à la pratique de cette dévotion. Plusieurs ordres monastiques, par suite de constitutions particulières, l'ajoutent au grand office. Beaucoup de congrégations de femmes, vouées aux oeuvres de miséricorde, l'ont adopté en place de l'office canonial, enfin un grand nombre de pieux laïques, suivant en cela l'exemple des saints, ne manquent pas de payer chaque jour ce tribut de louanges à la Très Sainte Vierge.
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Pour encourager la dévotion des fidèles, l'Eglise a attaché à la récitation du petit office :
I. Une indulgence plénière, aux conditions ordinaires, pour quiconque l'aura récité chaque jour pendant un mois.
2.Une indulgence de sept ans et sept quarantaines chaque fois que l'on récite cet office.
3. Une indulgence de trois cents jours pour la récitation des Matines et des Laudes.
NOTA. — Pour gagner ces indulgences, le Petit Office doit être récité en latin.
Si nous voyons les Papes, pendant le cours des âges, prescrire la récitation du Petit Office et l'enrichir d'indulgences, c'est qu'outre la protection puissante de Notre Dame obtenue pour l'Eglise entière par cette prière liturgique,ils constataient le fruit qu'en retiraient les âmes des fidèles. En effet, plus la dévotion à la Sainte Vierge est florissante, plus le culte divin en général prend de développement. Les secrets desseins de Dieu ont si étroitement uni le Christ et Notre-Dame que tout ce qui honore la Mère, glorifie son divin Fils. Mais pour aimer il faut connaître et où apprendre à connaître Marie sinon dans les Livres Saints, non seulement du Nouveau, mais encore de l'Ancien Testament où, dans les figures qui annoncent le Christ, les Pères nous signalent toujours un trait qui s'applique à sa Mère. Ignorer les Ecritures, disait Saint Jérôme, c'est ignorer le Christ ». Toutes proportions gardées, on peut dire qu'ignorer les textes que l'Eglise applique à Marie, c'est se priver de bien des lumières sur cette divine Mère et s'exposer à laisser s'affaiblir l'amour filial qui lui est dû. Cependant la Sainte Ecriture n'est pas à la portée de tous ! L'Eglise y a pourvu en rassemblant dans cet office en l'honneur de la Vierge ceux des psaumes qui peuvent lui être appliqués plus particulièrement, celles des prophéties qui la concernent et quelques-unes des figures qui sont de nature à mettre en lumière les prérogatives incomparables de sa maternité divine. Puissions-nous en méditant ces textes, cù circule une sève puissante de doctrine, donner à notre dévotion envers la Sainte Vierge des bases assurées et y trouver une forme solide de prières en l'honneur de celle qui, étant la Mère de Dieu, est aussi la nôtre.
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Le Petit Office de la Sainte Vierge se compose comme l'office canonial de sept parties ou " Heures " qui se récitent aux différentes heures de la journée en mémoire de cette parole de David :" Sept fois le jour j'ai chanté vos louanges ", ainsi que d'un office de nuit : les Matines. Les Heures de la journée portent les noms de : Laudes, Prime, Tierce, Sexte, None, Vêpres et Complies. La célébration de l'office de nuit ne se pratiquant plus que dans quelques ordres religieux , on joint à présent les Matines aux Laudes pour se conformer au nombre de sept Heures mentionné plus haut, il est cependant permis de séparer ces deux offices en cas de nécessité. Il est recommandé de se rapprocher autant que possible pour la récitation du Petit Office en particulier, de ce qui est prescrit pour la récitation de l'office canonial. C'est-à-dire de réciter les Vêpres et les Complies dans l'après-midi sauf depuis le premier samedi de Carême jusqu'à Pâques, temps où, les dimanches exceptés, les Vêpres doivent être dites avant le repas de midi en souvenir de l'ancienne discipline du jeûne quadragésimal qui ne permettait pas de prendre nourriture avant l'heure de Vêpres. Matines et Laudes peuvent être récitées vers la fin de l'après-midi ou de bonne heure dans la matinée du lendemain. Les petites heures : Prime, Tierce, Sexte et None se disent le matin et il n'est pas permis d'intervertir l'ordre de ces Heures, ni d'y introduire des prières de dévotion particulière.
Au commencement de chaque Heure, on doit dire l'Ave Maria, excepté à Laudes lorsqu'on joint immédiatement cette Heure aux Matines.
On fait le signe de la croix en disant le " Deus in adjutorium meum intende", en commençant le Benedictus, le Magnificat, le Nunc dimittis et à la bénédiction de Complies.
On se signe sur les lèvres avec le pouce au " Domine labia mea aperies" de Matines, et sur le coeur au " Converte nos Deus..". de Complies.
Les Matines du Petit Office sont divisées en trois nocturnes, de trois psaumes chacun, qui se disent alternativement selon les jours de la semaine. Les leçons sont les mêmes chaque jour et pendant toute l'année, sauf au temps de l'Avent, comme cela sera indiqué au cours de l'office.
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Les différentes époques de l'année liturgique apportent dans les antiennes quelques changements qui seront signalés en leur lieu.
Depuis la Septuagésime jusqu'au Samedi Saint on dit au commencement des Heures : "Laus tibi Domine rex aeternae gloriae" à la place de l'Alleluia, suspendu en ce temps de pénitence. Le Te Deum est aussi omis pendant ce temps, ainsi que pendant l'Avent, excepté les jours de fêtes de la Sainte Vierge, même transférées. Quand on récite le Te Deum, le 3e Répons est omis et on ajoute le Gloria à la fin du deuxième Répons.
Pendant le Temps Pascal, c'est-à-dire depuis les Vêpres du Samedi Saint jusqu'à None du samedi de la Pentecôte, on n'ajoute pas Alleluia aux Antiennes, Verset, et Répons.
Au temps de la Passion et pendant la Semaine Sainte on continue à dire le Gloria Patri partout où cela est indiqué, mais la récitation publique du Petit Office est interdite les trois derniers jours de la Semaine Sainte.
Le jour où l'on célèbre la fête de l'Annonciation, même si la fête est transférée, on dit l'Office comme pendant l'Avent, depuis les Vêpres de la veille jusqu'aux Complies de la fête.
Lorsqu'on récite le Petit Office en particulier, l'Antienne finale doit être dite deux fois par jour après Laudes et après Complies. Cependant, si après Laudes on ajoute immédiatement une ou plusieurs petites Heures, l'Antienne finale ne se dit qu'après la dernière.
Quand on sépare les Laudes des Matines, il faut terminer le dernier office, c'est-à-dire ajouter après le Te Deum ou le 3e Répons : le " Domine exaudi orationem meam. " Et clamor meus ad te veniat, l'Oraison des Laudes. " Domine exaudi... ". Et clamor... Le " Benedicamus Domino. " Deo gratias. " Fidelium animae per misericordiam Dei requiescant in Pace. " Amen. Pater noster. Dominus det nobis suam pacem. " Et vitam aeternam. Amen.
Lorsqu'on récite les petites Heures séparément, il faut terminer chacune de celles-ci par le Pater et le " Dominus det nobis suam pacem." Et "vitam aeternam." Amen.
Après Complies, on doit toujours dire Pater, Ave, Credo, même si l'on récite immédiatement les Matines du lendemain.
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Pour la récitation en commun du Petit Office, on a soin de désigner à l'avance l'hebdomadier, c'est-à-dire celui qui fait les fonctions d'officiant pour la semaine et deux choristes dont le rôle sera expliqué plus loin. On se divise en deux choeurs : le premier choeur est du côté de l'hebdomadier, le second du côté opposé.
Le supérieur ou la personne la plus ancienne, préside le choeur, donne le signal pour commencer l'office, dit les Bénédictions qui précèdent les leçons, ainsi que la bénédiction de Complies ; commence la 1er Antienne à Matines et le Te Deum (quand on doit le dire).
L'Hebdomadier dit les versets : Deus in adjutorium meum intende. Domine labia mea aperies. Converte nos Deus salutaris noster, le choeur entier lui répond et poursuit jusqu'aux psaumes qui se disent alternativement par côtés de choeur.
L'Hebdomadier dit encore le Pater Noster et l'absolution qui précèdent les leçons, il commence l'Hymne à Matines, à Laudes et à Vêpres. La première Antienne de chaque Heure (excepté à Matines), l'Antienne du Magnificat, du Benedictus, du Nunc dimittis. Il récite la troisième leçon, les Capitules et les oraisons ainsi que le verset et l'oraison de l'Antienne finale.
Les deux choristes récitent ensemble l'Invitatoire, qui est aussitôt répété par tout le choeur. Ils disent le psaume Venite Exsultemus auquel le choeur répond pax les versets de l'Invitatoire, et récitent les versets qui suivent les Capitules.
Le premier choriste demande la bénédiction et récite la première leçon. Le deuxième choriste dit les premiers mots du répons ainsi que le verset, la leçon suivante est dite par le deuxième choriste et le répons par le premier, le 3me Répons (quand on le dit) revient au deuxième choriste.
Le choeur entier continue les répons commencés par les choristes et les Antiennes commencées par l'Hebdomadier. Les Hymnes sont récitées alternativement par côté de choeur.
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On doit incliner la tête au Gloria Patri et pendant la dernière strophe des Hymnes. On fléchit les genoux aux paroles : Venite adoremus et procidamus ante Deum, du psaume invitatorial, au verset Te ergo quaesumus du Te Deum, et pendant la première strophe de l'hymne Ave Maris Stella.
Il est permis de s'asseoir pendant la récitation des psaumes et des leçons, le reste de l'office se récite debout. L'Antienne finale se dit à genoux ainsi que Pater, Ave, Credo, après Complies, excepté depuis les vêpres du samedi jusqu'aux Complies du dimanche et pendant tout le temps pascal.
On dit à voix basse l'«Ave Maria » . qui précède les Heures et le « Pater noster » qui les suit, mais à la fin du Nocturne les mots : « Pater Noster » . se disent à haute voix, le reste à voix basse jusqu'à Et ne nos inducas in tentationem qui se disent également à haute voix.
Les jours où l'on célèbre dans le diocèse ou dans l'ordre auquel on est affilié, une fête de rite double, les Antiennes doivent être doublées, c'est-à-dire récitées en entier, avant et après les psaumes et les cantiques, à Vêpres, Matines et Laudes.
Chaque fois que l'on cesse la récitation de l'office au choeur, on doit terminer l'office par le Pater, le . Dominus det nobis suam pacem. . Et vitam aeternam. Amen, et l'Antienne finale à la Sainte Vierge selon le temps.
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